la lorgnette: Vivian Maier

Plus que quelques jours pour découvrir les photos de Vivian Maier: c'est à la galerie Les Douches, 5 rue Legouvé (Paris 10ème).
L'histoire de cette découverte: en 2007, John Maloof, un agent immobilier américain, tombe dans une salle des ventes sur 30 000 négatifs et découvre ainsi par hasard et curiosité l'art de Vivian Maier. D'origine française, Vivian parcourt les rues de New York, puis de Chicago, son Rolleifleix en bandoulière, mitraillant sans relâche.
L'oeuvre est immense, plus de 100 000 clichés non développés.
Détails d'architecture,
portraits de bourgeoises endimanchées,
scènes prises sur le vif...
l'oeil de Vivian Maier sublime le monde qui l'entoure.

J'ai été subjuguée par l'atmosphère et la qualité graphique.
Une expo évènement: jusqu'au 21 décembre
Vivian Maier, née le 1er février 1926 et morte le 21 avril 2009, est une photographe de rue américaine dont le travail est demeuré inconnu jusqu'à sa mort et sa découverte fortuite.
la lorgnette: automne 2013
Bon c'est la poisse, je déteste cette saison, un jour il fait chaud, un jour il fait froid, ce qui est constant en revanche c'est l'humidité et la grisaille, et en plus tout le monde est malade ! Il faut donc trouver une solution pour positiver. Alors je positive...
Pêle-mêle, mes incontournables de la rentrée 2013
exposition : Félix Vallotton (1865-1925), le feu sous la glace
la valse
L'oeuvre de Vallotton est énorme et très diversifiée, aussi rien ne vaut une rétrospective comme celle-ci pour pénétrer son univers. Je n'ai pas tout aimé, mais beaucoup de scènes m'ont séduite en grande partie par la pureté de lignes. D'autres m'ont intriguée et parfois enthousiasmée par l'importance du sous-entendu (d'où le titre de l'exposition), qui de ce fait donne une dimension théâtrale. J'ai trouvé l'organisation par thème particulièrement réussie car les facettes du peintre, parfois juxtaposées sont ainsi très heureusement mises en valeur.
Grand Palais (2 oct.2013 - 20 janv.2014)
exposition : Désirs et volupté à l'époque victorienne (Collection Perez-Simon)
courtiser sans espoir
C'est un hâvre de délicatesse et de féminité. Je connaissais vaguement de nom quelques peintres, mais d'une manière très floue, aussi cette exposition est une révélation sur la peinture anglaise hyper sensible et raffinée de cette époque plutôt rude. Les noms des tableaux à eux seuls nous font déjà voyager: les Roses d'Héliogabale, la Mer enchantée, un Nuage passe, le Chant du printemps... Mon must absolu: Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), sa peinture est un rêve.
Musée Jacquemart-André (13 sept.2013 - 20 janv.2014)
danse: Chantecler Tango
Superbe spectacle de tango avec la méga star du tango argentin: Mora Godoy. Elle rend ici hommage au cabaret Chantecler qui fut un lieu mythique de Buenos Aires dans les années 1930-1940. Les chorégraphies sont époustouflantes, très virtuoses et très variées. J'ai regretté qu'il n'y ait pas plus de séquences chantées, notamment de chansons de Gardel (qui fréquenta d'ailleurs Chantecler). Les costumes sont absolument superbes, les musiques (bande son et live) magnifiques: un régal des yeux et des oreilles !
Théâtre du Châtelet - 26 octobre

look: les bottes de motard
C'est l'accessoire incontournable de cette rentrée. On ne fait pas mieux pour casser un look trop clean, et ceci quelle que soit la longueur de la robe de la jupe ou du pantalon. C'est juste PARFAIT, ça va absolument avec tout, et nos vieilleries de fond de placards retrouvent une nouvelle jeunesse. Une vraie baguette magique !
(modèle Vanessa Bruno)
théâtre: L'école des femmes
un moment très jouissif. Je cite le metteur en scène Philippe Adrien: "ce texte en alexandrins, loin d'être contraignant, autorise et valorise toutes sortes de variations et acrobaties aussi bien verbales que physiques, voire oniriques". C'est tout à fait ce qui se dégage de ce spectacle. Le savoureux texte de Molière combine sans cesse le dramatique et le burlesque, et vraiment je n'ai jamais vu une scène aussi drôle que celle du notaire, complètement déjenté, j'en ris encore en y pensant. C'est le burlesque dont je raffole, absurde et complètement surréaliste (formidable Raphaël Almosni!).
Bien-sûr un coup de chapeau à Partick Paroux, impressionnant Arnolphe, qui jongle brillamment avec les différentes facettes du personnage: manipulateur cynique, brutal, dissimulateur,.... et finalement à son corps défendant amoureux passionné.
Théâtre de la Tempête - 22 octobre
livre: évidemment le dernier d'Ormesson
Le plus chic, le plus classe des écrivains français revient avec: "Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit" (Robert Laffont). Chez lui, légèreté et insouciance sont un un art de vivre inégalable de subtilité et d'intelligence. "Monsieur d'Ormesson, je vous en prie, partez le plus tard possible. Je me glisse dans chacun de vos livres avec fluidité, rien ne semble m'atteindre, et tout m'atteind..."
insolite: les structures de Tadashi Kawamata
Et hop, un petit tour place Vendôme (du 21 octobre au 4 novembre) pour un retour direct en enfance avec les cabanes en bois de T.Kawamata, perchées de-ci de-là. Sur la colonne Vendôme on dirait un gros nid pour des oiseaux géants!
A venir:
-La première exposition-évènement en France des fascinantes photos de Vivian Maier, qui a pris des milliers de photos de rue. Galerie Les Douches 5, rue Legouvé 75010 Paris - du mercredi 16 octobre au samedi 21 décembre 2013, de 14h à 19h00.
-Partita2-Sei solo au Théâtre de la ville, du 26 nov. au 1er déc. A.T De Keersmaeker et B.Charmatz ont créé ce spectacle à Avignon l'été dernier: danse contemporaine à deux sur la pureté dépouillée de la partita 2 de Bach au violon (Amandine Beyer), un moment magique en perspective.
Finalement l'automne a du bon!
la lorgnette: l'atelier lyrique en fête
à l'occasion du mariage de Silvia, membre de l'atelier lyrique depuis...longtemps...
Samedi 14 septembre 2013
toutes et tous, en piste dans nos plus festifs atours!
A sa demande j'ai préparé un nouveau medley spécial de la Veuve Joyeuse de Lehar, plein d'humour étant donnée la situation, que nous allons interpréter pendant le dîner. ( je cite la partition: le mariage voyez-vous, n'entre pas du tout dans mes goûts... ça commence par un duo, puis ça dégénère en trio ...)
Les conditions seront épatantes puisque les mariés ont loué un piano à queue et que nous disposerons d'une vraie scène. C'est dire si tout le monde se réjouit de cette prestation autour de la mariée puisque malgré l'émotion du jour Silvia souhaite chanter avec sa troupe.
avec: Marion, Perrine, Emmanuel, Sylvain, Silvia et So-yeon
J-7: nous sommes fin prêts !
piano: Yann Lombard / direction: Evelyne Brun

la lorgnette: instagramme ton été !
De la Corse à la Dalmatie j'ai passé une grande partie de l'été 2013 sans descendre sous les 30 degrés:
que c'est bon !
calanche de Piana (Corse)
Ma table de l'été:
L'Ancura, sur le charmant petit port de Sagone. La table est particulièrement raffinée (d'ailleurs j'y ai croisé Cyril Lignac, c'est dire!). Mémorable sorbet aux cornichons qui accompagne les charcuteries corses (bon, moi je ne mange que le sorbet !), mémorable espadon: grillé, au curry, en croustade, et l'accueil est absolument charmant.
Restaurant L'Ancura: 04 95 28 04 93
Mon glacier de l'été:
Geronimi (Sagone),
pour ses sorbets à tomber:
aux agrumes, aux pommes confites...
Glaces Geronimi: 04 95 28 04 13
Mon summer bag:
sac Karen Monny, lunettes Ray Ban, rose à lèvres Revlon, crème solaire écran 50 Bioderma, crème après-soleil Tryptoderm, chapeau Seeberger, barrettes multicolores, pochette recyclée.
Mon bar à vin de l'été:
Vino & Ino
le bar "branché" de Sibenik.
J'ai testé tous leurs vins blancs croates, sympas...
Mes îles de l'été: L'archipel des Kornati
un moment complètement hors du temps...
Les plus jolies images qui restent dans mon oeil:
forêt d'Aïtone Muna
Dubrovnik, la perle de l'Adriatique !
Si vous cherchez un point central pour rayonner en Dalmatie, ne manquez pas de contacter mon amie Alexandra qui loue son très élégant studio au coeur de la vieille ville de Sibenik. (contact: OhLaLa Sibenik)
...l'été est fini...
Bonne rentrée !
la lorgnette: un dimanche d'été
C'était début juillet dans les secrets du Parc de Sceaux, un dimanche très joyeux et très particulier: tournage photo en préparation d'un prochain spectacle (novembre 2013).
Pourquoi cette séance?
Pour illustrer un spectacle: récital chant-piano, sur des musiques de Franz Schubert.
Schubert: sa musique fait complètement partie de mon enfance, puisque j'ai eu la chance à l'école élémentaire d'avoir un maître très amateur de musique qui nous faisait chanter les lieder de "La Belle Meunière" en français. Ces séances, je m'en souviens encore avec émotion tant elles m'apportaient une ouverture, un plaisir musical intense, et une conscience de l'univers du chant. J'habitais dans un village un peu perdu, et je trouvais cette musique en parfaite harmonie avec mon univers: la campagne, les champs, les arbres, la nature grande et simple... Je pense que c'est en partie pour ça qu'elle avait une telle résonnance en moi. Aussi, quand j'ai souhaité illustrer certaines séquences du prochain "Goûter Lyrique" par un montage photo, c'était comme une évidence de créer un moment d'été un peu intemporel dans la chaleur douce de la campagne.
prises photos: Gilles Michelet
conception, montage et réalisation: Evelyne Brun
Merci de tout coeur à mes joyeux acteurs:
Alicia, Anaïs, Antoinette, Chrystelle, Esteban, Florimont, François, So-yeon, Yann
pour m'avoir suivie dans ce projet avec autant d'enthousiasme.
Rendez-vous le 24 novembre 2013 à 17h00
(Goûter Lyrique 5ème édition)
la lorgnette: merveilleuse Alexandra
Je parle d'Alexandra Lamy, merveilleuse comédienne, dans:
La Vénus au Phacochère de Christian Siméon.

J'apprécie depuis longtemps Alexandra Lamy dans ses registres comiques.
Ici c'est pour moi une révélation: grande comédienne de théâtre avec diction et projection de voix excellentes (c'est la prof de chant qui parle!). Beaucoup de maîtrise puisqu'elle joue trois rôles en même temps, rôles très caractérisés avec changement de ton de voix, changement d'allure corporelle pour chacun, et beaucoup de générosité.
La pièce débute comme une saga livresque avec plein de personnages, de situations, et on se demande comment on va tout ingurgiter... puis petit à petit sans même s'en rendre compte on se trouve emporté dans cette histoire à tiroirs, pleine d'esprit, émouvante et angoissante, qui dégage un "je ne sais quoi" d'inéluctable.
Il est intéressant de constater que l'auteur, Christian Siméon, est sculpteur et auteur dramatique. J'ai en effet été touchée par son écriture qui souligne constamment le rapport à la matière.
Je cite:"La Vénus de Christian Siméon nous embarque dans un tourbillon, évoquant tour à tour les penseurs, les artistes et les grandes figures qu'elle côtoie, pour mieux, peu à peu , se recentrer sur cette proximité érotique qui la lie à Edwards, l'homme-phacochère qui la respire comme un parfum, l'homme qui va l'acheter, elle qui n'était pas à vendre".
Je suis très sensible à la grâce.
Alexandra Lamy a la grâce, avec son corps, son visage et sa voix:
remarquable !
Mise en scène et scénographie: Christophe Lidon, assisté de Sophie Gubri
Lumières: Marie-Hélène Pinon, assistée de Lucie Joliot
Son: La Manufacture Sonore
Théâtre de l'Atelier
Paris
3 juillet 2013
la lorgnette: fiction ou réalité ?
C'est le propos du spectacle "le Porteur d'Histoire": cinq personnages qui virevoltent entre plusieurs dimensions. C'est à la fois jubilatoire et perturbant car on perd régulièrement la notion de l'espace temps.
S'ouvrent alors les questionnements : où commence l'imaginaire? où finit le réel ? où se situe la réalité? notre réalité ?
J'ai été très interpellée par le traitement de ce propos. Dans un esprit créatif les deux univers sont forcément liés car ils apportent chacun leur part au processus créatif. Je trouve très réjouissant que la frontière soit aussi floue, réjouissant car sans limites...
Il y a tout: une direction d'acteurs très détaillée, éblouissante - des comédiens fluides et rebondissants, excellents - des lumières qui construisent les espaces avec vivacité, c'est un spectacle rare, qui ne peut laisser indifférent.
le Porteur d'Histoire
Une création d'Alexis Michalik
Artistes:
Magali Genoud ou Justine Moulinier, Amaury De Cra Yencour, Regis Vallée,
Evelyne El Garby Klaï, Eric Herson-Macarel,
Metteur en scène: Alexis Michalik

Studio des Champs-Elysées - Paris - mardi 30 avril 2013
la lorgnette: chronique de Claire

Je connais et apprécie Claire depuis fort longtemps puisqu'elle a été notre "baby sitter de rêve" pendant 5 ans. Mon fils la réclame d'ailleurs immédiatement dès qu'il y a une impossibilité avec l'actuelle garde... C'est dire si nous avons construit au fil des années un lien de grande estime mutuelle. Je suis donc particulièrement à l'écoute de son parcours original. Après une licence de théâtre, elle est en train de terminer son brevet professionnel de libraire et le mois dernier j'ai découvert sa première chronique qui m'a énormément fait rire. La seconde est tout aussi réjouissante, la troisième vient de paraître....
(fréquence de parution prévue tous les 15 jours).
1-La vieille dame qui ne voulait pas mourir avant de l'avoir refait
2-Comme une bête
3-Claire vous souhaite un Joyeux Noël avec le Père Noël est une ordure
Claire présente sa chronique avec beaucoup d'humour, décoiffe gentiment la componction et le politiquement correct associés à l'intellectualisme littéraire... et démontre que tout est possible quand l'amour pour la littérature est aussi palpable. Ses choix sont inattendus, on rêve juste d'avoir un peu plus de temps pour se lancer dans les pistes proposées...
Je cite: "la lecture c'est aussi quelque chose de super fun!"
A consommer sans modération.
décembre 2012
la lorgnette: les bonheurs de la rentrée parisienne
Premier bonheur: Edward Hopper (au Grand Palais)
L'exposition hyper médiatisée des oeuvres d'Edward Hopper (1882-1967) est une véritable compensation à la grisaille actuelle. Je piaffais pas mal à l'idée de cette exposition car j'aime énormément la peinture "théâtrale"de Hopper. C'est un univers que je trouve à la fois familier et étrange. Familier, car les sujets sont réalistes, issus de la vie quotidienne, maintes fois vus en photographies, films... même si c'est d'une autre époque. C'est typiquement américain, associé à la génération pop. Le côté étrange vient de la sensation d'immobilité de la scène, de "temps suspendu". C'est d'une apparente simplicité de lignes, d'une palette harmonieuse de couleurs, très fluide, et finalement cette simplicité est beaucoup plus complexe passé le 1er degré, l'univers pouvant être appréhendé sereinement ou beaucoup moins...
On y trouve aussi ses gravures, ses illustrations et quelques aquarelles très réussies: j'aime tout !
(15 octobre 2012)

un moment hors du temps- à voir absolument malgré l'affluence (réserver impérativement sur internet)
Deuxième bonheur: West Side Story (au théâtre du Châtelet)
C'est Broadway à Paris ! On connait par coeur tous les "tubes" de Bernstein. En live c'est un vrai bonheur car la troupe américaine est constituée comme ils savent si bien le faire de merveilleux danseurs en même temps excellents chanteurs. Les chorégraphies originales, époustoufflantes, n'ont pas pris une ride. Il y a une énergie invraisemblable et très communicative surtout dans la 1ère partie. Avec les différentes distributions on ne sait pas très bien quels sont les noms des solistes. J'ai trouvé Maria formidable, très belle voix, très beau légato, et j'ai été vraiment enthousiasmée par la chanteuse qui assurait le rôle d'Anita, qui a aussi une partie chorégraphique très intense qu'elle assure avec brio.

C'est très rafraichissant de voir à Paris ce niveau de qualité dans la comédie musicale. J'exècre les productions asseptisées du théâtre Mogador où les chanteurs sont la plupart du temps catastrophiques, les traductions françaises insipides, ce qui donne une idée totalement fausse du "musical".
Bravo à la direction artistique du Théâtre du Châtelet pour cette programmation, qui va se poursuivre avec des oeuvres moins connues tout au long de la saison.
(1er novembre 2012)
La jolie surprise: L'opéra dans tous ses états

Le petit théâtre le Funambule, à Montmatre, a présenté ce spectacle d'opéra/comique pendant quelques semaines.
J'y suis allée après avoir visionné un clip qui m'avait emballée, et le moins que je puisse dire c'est que je n'ai pas été déçue: 1h15 de beau chant mélangeant Mozart, Messager, Offenbach, Rossini....dans une mise en scène totalement déshynnibée et dynamique, des moments d'une drôlerie irréssistible: l'opéra vu avec humour et beaucoup d'amour. Deux jeunes chanteurs suisses: Leana Durney et David Autieri, qui investissent totalement l'espace scénique, jouent et chantent avec conviction, et le talent de showman de "Davide" est absolument remarquable...
(27 octobre 2012)

A suivre avec beaucoup d'intérêt (www.comiquopera.ch)
Et en vrac:
- l'exposition Canaletto-Guardi au Musée Jacquemart-André: superbe !
- la reprise du spectacle Danseurs de cordes par le Quatuor aux Bouffes Parisiens, un grand moment de rires et de clins d'oeil musicaux en tous genres...
- la sortie de Skyfall ( ça ce n'est pas particulièrement parisien !): un Bond excellent de bout en bout, scénario-bande son-acteurs... avec un Daniel Craig d'une virilité à tomber par terre. Comme dirait mon amie Virginie: "Ah Daniel ! on n'en croise pas tous les jours dans la rue des comme lui".... un des meilleurs Bond (et je les connais tous, j'adore).
VIVE LA RENTREE !
la lorgnette: NY 2012, mes coups de coeur
Une chose qui m'éclate particulièrement à New York ce sont les orages d'été. On marche le nez en l'air, il fait super chaud, et en dix minutes le ciel s'obscurcit, le vent brutal tord les arbres, la ville se transforme en fin du monde et des trombes d'eau s'abattent. S'il y a bien un endroit au monde où la puissance humaine est palpable c'est NY, et pffft...d'un coup d'orage la nature reprend ses droits: j'adore! Le truc bien éclatant c'est de ne pas l'avoir prévu, d'être noyé sous l'eau en un temps record et de se sentir soi-même un peu liquide. J'ai en mémoire corporelle cette sensation de liquidité alors que je ne voyais plus rien à un mètre devant moi, perdue sur mon vélo dans Central Park...
Une de mes amies me disait récemment: "mais qu'est-ce que tu peux bien faire à NY pendant trois semaines?" Pour moi c'est une ville où les possibilités sont tellement multiples et diversifiées que je pourrais y séjourner beaucoup plus longtemps et continuer à faire de nouvelles découvertes inattendues. Bien-sûr j'ai quelques lieux privilégiés qui sont comme des rendez-vous magnifiques. Je pense en particulier à la Frick Collection qui est à chaque fois un moment de grâce absolue dans mes deux salles fétiches: Fragonnard et Boucher. (Je suis inconditionnelle de la peinture de Fragonnard depuis mes années d'Histoire de l'Art, de la délicatesse des mouvements, de la poésie des scènes, de l'élégance lumineuse des tissus et des couleurs, c'est un moment d'exception). Je pense aussi au bar tournant "The View", au 48ème étage du Marriott (Times Square). Bon, c'est un peu un truc de fille, on y va le soir déguster un "cosmo", pomponnée jusqu'au bout des ongles, et on refait le monde joyeusement avec NY qui scintille à nos pieds (chère Elise, quel plaisir d'avoir partagé ce moment avec toi). Je pense aussi aux grands shows de Broadway... la liste est longue !
J'aime marcher et marcher et marcher et je continue à m'émerveiller de ce gigantisme, de ces impressions d'infini, de ces odeurs de mer qui vous prennent par surprise, de cette agitation incessante, et surtout, surtout, je ne cesse de m'enthousiasmer pour mon quartier de prédilection, mélange populaire-bobo-chic:
Mes coups de coeur 2012 à Brooklyn:
- Ne manquez pas d'aller assiter à un concert de musique classique sur la barge music. C'est dans le très très charmant quartier Dumbo, entre les ponts de Brooklyn et Manhattan, un quartier un peu improbable, très style industriel, délicieusement aménagé au bord de l'East River. Je ne suis pas prête d'oublier Mark Peskanov jouant la 1ère sonate pour violon seul de Bach, avec en arrière plan la vue cinématographique sur Manhattan downtown, la péniche qui tangue au passage des bateaux et les klaxons incongrus des ferrys....
- Ne manquez pas d'aller dévaliser Brooklyn Industries. Heureusement il y a un outlet dans le quartier de Williamsburg, alors on fait chauffer la carte bleue sans états d'âme: une mine pour petits et grands "branchés" de tee-shirts super originaux, de vestes à tomber, de sacs...
- Ne manquez pas de vous balader sur la 5ème et la 7ème avenues dans le joli quartier Park Slope. La 5ème est plus populaire, la 7ème plus bobo, toutes les deux très animées dans une ambiance décontractée, avec plein de petits bars et restos très sympas.
(conservatoire de musique)
- Ne manquez pas de prendre votre maillot de bain pour aller à la plage au sud de Brooklyn, à Brighton Beach. La sortie du métro (aérien) est saisissante car le métro recouvre l'avenue principale (on a l'impression d'être dans un vieux film). On se trouve en plein quartier russe, les vieilles dames ont sorti leurs chaises et devisent devant leur porte, on mange du borscht, c'est populaire et familial: un charme fou. Après la baignade on "fait les planches", c'est à dire qu'on longe la plage sur une belle promenade jusqu'à Coney Island. C'est magnifique, loin mais pas trop et l'arrivée sur la plage de Coney avec le fameux Luna Park au bord de la mer, c'est quelque chose! Et cerise sur le gâteau: et bien on fait comme tout le monde et on achète les fameux hots dogs de Nathan's, il paraît que ce sont les meilleurs
top secret: pour les réfractaires on peut aussi y manger des clams, excellentes: j'ai testé ....
bye-bye Brooklyn