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Concerts: M.A. Charpentier (juin 2014)

1 Février 2012 , Rédigé par evacor Publié dans #Artiste lyrique - soprano

le CD M.A.Charpentier paraîtra en septembre 2014

Il est réalisé à partir des enregistrements live des 2 concerts.

Marc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704)

musique sacrée

Affiche 2014 

pour soprano, alto et basse solos, choeur et orchestre    

soprano: Evelyne Brun

alto: Marie-Claude Patout

basse: François Méens 

violon solo : Michel Dietz   

Choeur et Orchestre de Saint-Nicolas

DSCN3933DSCN3919

Direction: Vincent LECORNIER

VL

Dimanche 15 juin - 15h30

Lundi 16 juin - 20h30 

Eglise Saint-Nicolas, Paris 5ème

métro Maubert-Mutualité

  entrée libre

   1ère partie:

Motet pour les trépassés

pour choeur a capella

Stabat Mater

pour 3 solistes, choeur, violon solo et continuo (théorbe-orgue-violoncelle)

Salve Regina & Regina Caeli

pour 3 solistes, choeur, 2 violons solos et continuo 

2ème partie:

Messe de minuit

pour 3 solistes, choeur, ensemble à cordes et continuo

20140616 Concert StNicolas 05 

MARC-ANTOINE CHARPENTIER

(1643-1704)

Charpentier est un personnage qui n’a laissé de trace que par sa musique. C’est peut-être cette absence de personnage physique, l’absence d’un être humain, fait de chair et d’os, qui rend le “cas Charpentier” si particulier, si difficile à saisir et tout compte fait à comprendre.

Alors que ses oeuvres sont aujourd'hui répertoriées, analysées, jouées, aucun autre document n'est connu. Nulle correspondance, pas de journal, très peu de témoignages fiables qui informeraient sur la nature du personnage. Juste une étrange épitaphe, au ton résigné, où il révèle que la musique fut pour lui "de peu d'honneur mais de grande charge". Il fut, semble-t-il, un pédagogue attentif et humble, mais quel genre d'homme était-il? Charpentier apparaît aujourd'hui comme un curieux mélange de modestie et d'ambition. Ce qu'il ne connut pas en prestige, il le gagna en liberté créatrice. 

Après un arrière grand père tanneur (mégissier), la famille, d'un rang social appréciable, est au service de la couronne et de l'église. Son père, installé à Paris, maître écrivain, rédige les actes publics ou privés pour la bonne société. Son frère Armand-Jean reprend les charges de son père. Sa sœur Étiennette sera lingère, Marie religieuse, et Élisabeth épousera un maître de danse et musicien.

Il est certainement le compositeur français de l'époque baroque le plus joué et le plus apprécié dans le monde. Pourtant, de son vivant, il fut poussé dans l'ombre par le rayonnement sans partage de Lully.

Après sa naissance dans le diocèse de Paris, il passe son enfance dans le quartier Saint-Séverin. On ignore tout de sa formation musicale mais il aurait accompli sa scolarité auprès des Jésuites. Ensuite on ne retrouve la trace de ce fils et petit-fils de fonctionnaire que deux décennies plus tard à Rome en 1663 où il est parti se former auprès de Giacomo Carissimi. Après trois années en Italie, il s'installe dans la capitale française, ville qu'il ne quittera plus jusqu'à sa mort. Pendant vingt ans, il crée et chante, de sa voix de haute-contre, pour la maison de Marie de Lorraine - dite Mlle de Guise, la petite-fille du célèbre Duc - et donc une ennemie héréditaire du roi. Pour Charpentier, ce sera une solide protection. Mais aussi l'une des raisons de sa mise à l'écart de la cour et des charges officielles auxquelles son talent, reconnu par les connaisseurs, aurait dû l'amener. 

Surveillé par Lully, qui sans doute le jalousait, Charpentier n'a pas non plus été très chanceux. Sa collaboration avec Molière prend fin dès la quatrième représentation du Malade imaginaire, avec la mort du dramaturge. En 1683, il postule une place de sous-maître de musique à la Chapelle royale, mais la maladie ne lui permet pas de concourir jusqu'au bout. La possibilité d'obtenir une charge à la cour ne se présentera plus et son unique opéra, le stupéfiant Médée, qui fait l'admiration du Dauphin mais dont l'originalité déchaîne l'hostilité des Lullystes, disparaît au bout de dix représentations, à la suite d'une cabale et d'un incendie. Charpentier ne reviendra plus à l'opéra. C’est alors la musique sacrée qui constitue le coeur de son oeuvre. Il reçut de nombreuses commandes des couvents de Port-Royal, dont un important cycle de Leçons de ténèbres, et, à la mort de sa protectrice Mlle de Guise, il trouva refuge chez les jésuites en l’église St Paul-St Louis dont les offices étaient réputés pour leur magnificence. Charpentier dut alors fournir quantité d'oeuvres - messes, psaumes, motets pour la Vierge, hymnes et antiennes... - sans que son inspiration l'abandonne. En 1698, il sera nommé à un dernier poste, celui de maître de musique des enfants de la Sainte-Chapelle, l'une des institutions les plus prestigieuses de la capitale. 

 Que retenir de son oeuvre? Le faste du célèbre Te Deum ou la pudeur de ses Leçons de ténèbres? La légèreté desArts florissants ou la profondeur de la Messe des trépassés? Ce n'est pas la moindre des qualités de la musique de Charpentier que d'offrir, essentiellement grâce à la voix, l'étendue des sentiments humains.

Sa musique religieuse classe ce musicien au premier rang des compositeurs ayant travaillé pour l’embellissement du service divin, au même titre que Josquin Des Prés ou Michel Delalande, en France. Plus âgé d’une vingtaine d’années que ce dernier, il est possible qu’il ait collaboré avec lui chez les Jésuites, à l’heure même où Delalande accédait au poste de sous-maître de la chapelle royale. Ce sont les circonstances, pour Charpentier comme pour Delalande, qui leur ont imposé une production abondante dans le domaine de la musique d’église. Les différents postes occupés par Charpentier exigeaient de lui, tout au moins jusqu’à sa nomination à la Sainte-Chapelle, d’une part quantité de partitions, motets ou cantates pour voix solistes (chapelles du Dauphin, de Mlle de Guise, église Saint-Paul, chapelle de Philippe d’Orléans, Port-Royal), et d’autre part de grandes partitions qu’il appelait des histoires sacrées, destinées aux concerts donnés à l’église ou aux élèves du collège Louis-le-Grand. C’est plutôt vers la fin de sa vie et pour la Sainte-Chapelle du Palais qu’il aurait écrit ses grandes œuvres pour 4 à 8 voix mixtes et orchestre concertant.

Il faut souligner la place que Marc Antoine Charpentier tient dans la musique française, non loin de Lully, avant Couperin et Delalande. Il est certain que l’accent doit être mis d’abord sur l’italianisme de l’élève de Carissimi : italianisme que l’on relève dans l’esprit général du monde harmonique dans lequel baigne cette musique. Sans sacrifier aux vocalises, qui seront prochainement la part dominante de la cantate italienne, il y a chez Charpentier profusion d’éléments lyriques qui, pénétrant ce beau chant français traditionnel à Paris depuis cinquante ans, accentuent ses courbes au contact d’une harmonie audacieuse parfois dissonante.

 Depuis que le système tonal existe, nombreux sont les musiciens qui ont cherché à distinguer les tonalités et à les cataloguer selon leur pouvoir affectif.

Voici donc une petite curiosité, le tableau des énergies des modes selon Marc-Antoine Charpentier, tiré de son manuscrit « Les Règles de Composition » :

Ut majeur – Gai & guerrier / Ut mineur – Obscur & triste

Ré majeur – Joyeux & très guerrier / Ré mineur – Grave & dévot

Mi bémol majeur – Cruel & dur / Mi bémol mineur – Horrible & affreux

Mi majeur – Querelleux & criard / Mi mineur – Efféminé, amoureux & plaintif

Fa majeur – Furieux & emporté / Fa mineur – Obscur & plaintif

Sol majeur – Doucement joyeux / Sol mineur – Sérieux & magnifique

La majeur – Joyeux & champêtre / La mineur – Tendre & plaintif

Si bémol majeur – Magnifique & joyeux / Si bémol mineur – Obscur & terrible

Si majeur – Dur & plaintif / Si mineur – Solitaire & mélancolique

 

MOTET POUR LES TREPASSES

Ici, comme dans d’autres pièces, on peut percevoir l’italianité d’une écriture déployant des chromatismes et des écarts mélodiques. Les suaves dissonances de ce motet étaient certainement dérangeantes dans la France de l’époque. L’arrangement que vous entendrez a été réalisé pour passer de huit à quatre voix. 

STABAT MATER

Cette petite pièce, magnifique de simplicité, a été composée pour une religieuse (peut-être sa sœur qui était elle-même religieuse au couvent de Port-Royal à Paris ?) dialoguant les versets du Stabat Mater avec le chœur des autres religieuses.

En voici un arrangement plus étoffé à plusieurs voix, adapté à l’effectif du Chœur de St-Nicolas, établissant ainsi d’autres formes de dialogue entre les différents pupitres ou entre les solistes et le chœur.

ANTIENNES A LA VIERGE

Les quatre « Antiennes à la Vierge » de Charpentier, qui reflètent parfaitement l’importance de la dévotion à la Vierge, correspondent à des moments différents de l’année liturgique.

Le Salve Regina et le Regina caeli constituent deux des grandes antiennes à la Vierge dans un style italianisant commun à toute la production française de l’époque, que l’on trouve aussi bien chez Couperin que chez Lully.

MESSE DE MINUIT

Marc-Antoine Charpentier est probablement le compositeur de son temps à offrir la plus grande variété d’œuvres sur le thème de la Nativité : noëls instrumentaux, pastorales en français, messes et oratorios. La réussite de la messe de minuit, composée quand il était maître de musique à l’église St-Paul St-Louis des Jésuites, repose sur l’alliance du sacré et du profane, de la magnificence des savantes polyphonies et de l’ingénuité des mélodies populaires. Cette synthèse apporte une fraîcheur et une simplicité qui concordent avec ce temps de réjouissances qu’est Noël. Comme de nombreux compositeurs de son époque, Marc-Antoine Charpentier décide en effet d’écrire une « messe-parodie » qui consiste à adapter une œuvre musicale existante aux textes de l’ordinaire de la messe catholique. Il a utilisé ici, comme base mélodique, des noëls traditionnels français. Chaque partie de la messe en comprend un ou plusieurs :

Kyrie I: Joseph est bien marié / Christe: Or nous dites, Marie / Kyrie II: Une jeune pucelle

Gloria: Les bourgeois de Chartres - Où s’en vont ces gais bergers

Credo: Vous qui désirez sans fin - Voici le jour solennel de Noël - A la venue de Noël

Offertoire: Laissez paître vos bêtes

Sanctus : O Dieu, que n’étais-je un vie

Agnus Dei : A minuit fût fait un réveil

Vincent LECORNIER

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