la lorgnette d'evelyne
la lorgnette: Passion selon Saint-Jean
Vincent Lecornier
BACH- La Passion selon Saint Jean
mercredi 18 avril 2012 à 20h30
Très beau concert hier soir à la basilique Sainte-Clotilde (Paris, 7ème), l'oeuvre est monumentale, inspirée et émouvante.
Je passerai le plus vite possible sur les erreurs de casting notoires de la distribution: Barbara Vignudelli, Brigitte Vinson et Marc Fouquet. Les solistes ont été choisis sur audition interne, c'est à dire qu'ils sont tous membres du Choeur de Radio-France. C'est un procédé très louable, mais il y a une montagne entre être un bon choriste et être soliste.
Je ne fais aucun commentaire sur les émissions vocales, dont la diversité est plutôt enrichissante, mon propos est très basique: je suis auditeur, je viens pour recevoir or ces trois chanteurs ne donnent rien, bénéficient vaguement de la beauté de l'écriture de Bach, surtout dans le deuxième air des femmes, mais aucune personnalité vocale ne surgit, aucun don de quoi que ce soit, c'est transparent.
Et puis chanter le nez dans sa partition: NON, pas à ce niveau là.
J'ai intérieurement remercié le chef d'avoir donné tous les airs de basse à Jésus, car souvent on les répartit entre Jésus et Pilate: merci merci monsieur Brauer pour ce choix, et dommage, monsieur Brauer d'avoir choisi ces trois chanteurs. Je pense sincèrement qu'on pouvait trouver dans le très beau Choeur de Radio-France d'autres chanteurs plus charismatiques...
Le meilleur:
- Le Choeur de Radio-France, excellent du début à la fin, dans une partition qui n'est pas vraiment son répertoire, BRAVO !
- Pascal Bourgeois, ténor au très joli timbre, pas toujours à l'aise dans cet univers, mais de jolis phrasés, des moments plein d'émotion, BRAVO !
- Adrian Brand, l'Evangéliste, nous offre une vraie générosité d'émission, de très jolies couleurs, beaucoup d'engagement dans ce rôle omniprésent, BRAVO !
- Vincent Lecornier, dans le rôle de Jésus (on pourra penser que je manque d'objectivité mais c'est faux): de bout en bout l'émission est généreuse, on a un vrai investissement de rôle, un charisme évident, une palette de couleurs vocales de rêve, c'est juste ce que j'attends dans ce rôle, la grande classe, BRAVO !
Mes regrets:
L'orchestre, constitué pour l'occasion, au son pâteux, qui englue parfois les chanteurs, une justesse approximative, aucune brillance...
Le chef, Matthias Brauer: peut-être un petit manque d'envergure pour justement gérer l'orchestre, mais je ne peux que saluer la préparation excellente du choeur.
En revanche quel dommage les tempi du dernier choeur, Ruht wohl, et du dernier choral. C'est un moment d'élévation spirituelle, à la fin de la Passion et à cette allure là on en perd toute la mystique, c'est un peu frustrant !
(Paris, 19 avril 2012)
Même si rien ne remplace le live:
Ce concert sera diffusé sur France Musique vendredi 11 mai 2012 à 14h00.
Il est aussi diffusé pendant 1 mois sur francemusique.com
Distribution:
Barbara Vignudelli, Soprano
Brigitte Vinson, Alto
Adrian Brand, Ténor (Evangéliste)
Pascal Bourgeois, Ténor (Servus et airs)
Vincent Lecornier, Basse (Jésus et airs)
Marc Fouquet, Basse (Pilatus et Pierre)
Chœur de Radio France
Ensemble baroque
direction: Matthias Brauer
la lorgnette: Enfin !
(Représentation de Don Pasquale à Londres - illustrated London News, 8 juillet 1843)
Enfin ! enfin ! une mise en scène inventive, vivante, détaillée, « ciselée » comme dirait mon amie Agnès-Laure avec qui j’ai partagé ce très très beau moment musical et visuel. C’était lundi 13 février 2012 à la 1ère de Don Pasquale de Donizetti au Théâtre des Champs-Elysées.
Mise en scène de Denis Podalydès (Sociétaire de la Comédie Française) remarquablement fouillée et précise, qui sert l’œuvre, la rend vivante, drôle, ce qu’elle est. Je le cite : « La voix, c’est le plaisir ultime : le plus grand en tant qu’acteur et en tant qu’homme de théâtre. Car quand la voix l’emporte, prend possession du corps tout entier, alors jaillit une beauté monstrueuse, qui moi me transporte. A l’Opéra Comique, lorsque j’ai vu pour la première fois un chanteur donner de la voix et tout donner à sa voix pour ne faire qu’un avec elle, j’ai été totalement bouleversé. Cette expérience restera longtemps pour moi de l’ordre du plaisir intense ».
Le décor (Eric Ruf) plein de charme contribue au plaisir visuel, les chorégraphies (Cécile Bon) franches ou esquissées sont d’un justesse réjouissante, les chanteurs chantent et jouent avec un engagement communicatif, on sent qu’ils sont heureux ; ils communiquent parfaitement leur enthousiasme, résultat : on sort du spectacle joyeux, et plein d’énergie.
Les chanteurs sont tous excellents, la palme pour Alessandro Corbelli (Don Pasquale) et Gabriele Viviani (Malatesta), leur duo en deuxième partie est franchement enthousiasmant, et pour le Chœur de Radio-France qu’on n’est pas habitué à voir sur scène, qui est vraiment excellent, voix et jeu.
Le bémol: j’attendais beaucoup des costumes de Christian Lacroix.
En première partie, je dirais « bof »: à part la veste de Malatesta aux surpiqûres apparentes, très stylée, et le voile blanc de Norina, un classique de Lacroix, mais très joliment mis en valeur par la mise en scène. Le premier costume de Norina (Désirée Rancatore) est un ratage complet : c’est son entrée, l’air est difficile, elle est plantée en avant scène dans son jean moulant absolument pas sexy, et du coup ses minauderies deviennent presque vulgaires, elle n’est pas à l’aise, ça se voit, ça s’entend, je trouve que là elle est vraiment abandonnée par le metteur en scène et le costumier, c’est dommage d’autant qu’au fil de l’ouvrage elle se révèle très convaincante. La deuxième partie est beaucoup plus réussie, entre autres les tenues du chœur, adéquates et raffinées.
Néanmoins, ce bémol n’enlève rien à la qualité globale très homogène du spectacle : une grande réussite !
Don Pasquale - Gaetano Donizetti / Théâtre des Champs Elysées (Paris)
représentations les 13, 15, 17, 21 et 23 février à 19h30,
et 19 février à 17h00
Enrique Mazzola: direction musicale
Denis Podalydès: mise en scène
Eric Ruf: scénographie
Emmanuel Bourdieu: dramaturgie
Christian Lacroix: costumes
Cécile Bon: chorégraphie
Stéphane Daniel: lumières
Alessandro Corbelli: Don Pasquale
Désirée Rancatore: Norina
Gabriele Viviani: Dr Malatesta
Francesco Demuro: Ernesto
Richard Tronc: le notaire
Orchestre National de France
Choeur de Radio-France, direction Nathalie Steinberg
France Musique diffuse cet opéra en direct
mercredi 15 février 2012 à 19h30
Arte et Arte Live Web diffusent ce spectacle
vendredi 17 février 2012 à 22h10
la lorgnette: j'avais oublié
Vasily Petrenko (photograph:Mark McNulty/PR)
J'avais oublié que la musique orchestrale pouvait être aussi enthousiasmante. Depuis longtemps je privilégie les concerts vocaux sous toutes formes car la voix m'émeut davantage. C'est donc d'une manière absolument inattendue que j'ai vibré comme jamais au son de l'orchestre philharmonique de Radio-France vendredi dernier à la salle Pleyel.
J'étais venue pour écouter le Chant des Forêts de Chostakovitch, oeuvre mineure "de propagande": quelques jolis passages (entre autres l'air du ténor n°6, la Promenade future), mais bien que ce soit magnifiquement chanté (excellent choeur de Radio-France), ça ne décolle pas vraiment, il est clair que le compositeur est bridé.
En deuxième partie du concert figuraient les suites 1 et 2 d'après le ballet Roméo et Juliette op.64 de Prokofiev: un choc! La musique: extraordinaire partition, d'une densité rythmique, d'une âpreté de timbres, d'une poésie... L'orchestre philharmonique que j'aime toujours beaucoup explosait: une violence à l'état brut, fascinante, puis des moments d'une tendresse qui mettait les larmes aux yeux... Je suis passée par toutes sortes d'états, c'était plein de force de vie, l'impression en sortant d'avoir enrichi mon corps, ma tête et mon coeur, ouah !
Et que dire de Vasily Petrenko, jeune chef au physique de dandy, qui canalise tout ça avec poigne, douceur, et une folle élégance ???
- que je me précipite à son prochain concert à Paris...
- et qu'il faut se jeter sur arte web pour le voir de face !
(photograph: Mark McNulty)
vendredi 12 février 2012, Paris - Salle Pleyel
diffusé en direct sur France Musique
liveweb.arte.tv/fr/video
la lorgnette: naissance d'une nécessité
Fabrice Luchini (DR)
C'est amusant de ne pas savoir comment, tout soudain, nait une nécessité.
Je pense avoir vu des affiches, des articles, mais je ne sais absolument pas comment il y a environ deux mois, l'idée d'aller voir ce spectacle s'est imposée: Luchini - La Fontaine, au Théâtre de l'Atelier.
Et surprise, j'ai trouvé une place pour le vendredi 3 février à 16h00. Un vendredi à 16h00 !!! Comme dit Luchini: "alors là, vendredi à 16h00, par -8, c'est du public pointu..."
J'ai passé deux heures merveilleuses grâce au comédien, et grâce à l'homme.
Le comédien: technique d'élocution théâtrale éblouissante, à tel point qu'au début du spectacle je n'écoutais pas vraiment les mots, mais la rythmique des mots. J'adore ses choix littéraires, j'adore ses redites, qui font que grâce à la répétition de certains passages on peut en saisir la profondeur, ou la finesse, l'humour aussi, qui peuvent échapper dans un déroulement linéaire. J'adore sa voix, qui module très largement mais toujours avec une grande projection, et qui passe aisément et rapidement de la grandiloquence au murmure: c'est plus que brillant, c'est saisissant et émouvant. Et quelle bonne idée de parsemer l'univers La Fontaine de Nietzsche, Baudelaire, ou Céline. Ces apartés sont de vraies respirations stylistiques et musicales.
L'homme: la conception même du spectacle, textes avec transitions sur canevas d'improvisation fonctionne à merveille car l'homme est plein de dérision, d'insolence, de bon sens sur l'être humain, et son discours fait vaciller la salle d'éclats de rire irrépressibles à réflexions diverses sur le comportement humain: une variété incroyable de propositions, un peu de cabotinage aussi, mais tellement élégant... C'est une immersion dans la saveur et la rythmique de la langue française.
Je m'aperçois d'ailleurs que je suis de plus en plus sensible au rythme en général: rythme de la musique évidemment, mais aussi rythme d'un spectacle, sans lequel on s'ennuie vite, rythme d'une langue.
Avec Luchini on est du début à la fin dans l'excellence et la consistance: quelle intelligence !
Paris, Théâtre de l'Atelier, vendredi 3 février 2012 à 16h00
la lorgnette: Agrippine
Agrippine, opéra de Georg Friedrich HAENDEL
« Je ne désirais pas le pouvoir pour les plaisirs ou les avantages qu’il procure, la satisfaction secrète de se sentir au-dessus de tous.
Certes, il ne me serait pas désagréable de pouvoir penser que les lois n’étaient pas faites pour moi, mais avant tout, il me semblait juste que nous les héritiers du dieu Auguste, nous conservions le rang que nous avait assigné la divinité...»
(Pierre Grimal - Mémoires d’Agrippine)
Tout un programme donc que cette héroïne de l’opéra de HAENDEL, à la fois rusée, déterminée, perverse et très séduisante…
Il est souvent difficile chez Haendel de construire un spectacle maintenant une attention dramatique car l’écriture qui est une succession d’airs et de récitatifs est éminemment statique.Certains ouvrages portent un souffle plus épique et sont plus « scéniques » que d’autres ( je pense particulièrement à Jules César ).
Cette œuvre, Agrippine, que je n’avais jamais vue sur scène, ni entendue d’ailleurs, typique du genre dramma per musica manque justement, à mon sens, de consistance dramatique. Ce n'est pas vraiment à cause du sujet ( les méandres des manigances d’Agrippine pour que son fils Néron soit proclamé par Claude, futur empereur de Rome ), mais à cause du genre, qui fait se succéder un nombre incroyable d’airs plus vocalisants/éblouissants les uns que les autres, et l’on doit attendre tout de même le 2ème acte pour sortir de cette agilité non stop et entendre enfin un air plus émouvant ( air d’Ottone ).
La virtuosité a ses limites : c’est beau, c’est bluffant, mais c’est quand même un peu toujours la même chose, avec, heureusement, des voix différentes.
Ici, les trois rôles principaux étaient tenus respectivement par : Alexandra Coku (Agrippina), Renata Pokupic (Nerone), et Sonya Yoncheva (Poppea) : on est dans la cour des grands !
Chacune est exemplaire dans sa ligne de chant, dans sa maîtrise de la virtuosité, dans son engagement scénique ( mise en scène moderne de Jean-Yves Ruf ) , avec des moments assez méritoires (était-ce bien la peine de demander à Poppée de se dévêtir ???). Il me semble que la suggestion maintient une poésie plus raffinée que l’exhibition… et un vrai coup de cœur pour la voix chaude, généreuse, très projetée de Sonya Yoncheva, qui nous donne en spectacle des colères vocalisantes comme on rêverait d’en faire !
De plus elles sont toutes les trois superbes, ce qui est un plaisir supplémentaire.
J’en profite pour souligner l’élégance des costumes d’Agrippine et Poppée, d’une fluidité extrêmement féminine et gracieuse : j’ai dans l’oeil la robe noire avec bretelles assymétriques d’Agrippine (acte2), d’une sobriété de ligne vraiment magnifique, la robe blanche de Poppée à l’acte 3 (ci-dessus), si vaporeuse et sensuelle: un vrai bonheur des yeux (costumes Claudia Jenatsch).
Le Concert d’Astrée, sous la direction inspirée d’Emmanuelle Haïm ( au passage je me demande comment elle fait pour ne pas avoir de problèmes de dos, tellement la position du haut du corps et la tenue des bras sont tendus ! ) est en tous points remarquable : rondeur de son, tonicité… ainsi que le continuo, plein d’élans et de ponctuations énergiques.
Opéra de Lille, le 5 novembre 2011
Représentations les 5, 7 et 9 novembre à 19h30
Coproduction Opéra de Dijon, Opéra de Lille
1 commentaire le 15-11-2011: Karen Monny
"Je trouve vraiment vos commentaires très personnels et vivants, on s'y croirait....... et on a très fort envie d'y être! Vais-je prendre le train pour assister à une représentation à Lille? dommage c'est déjà trop tard..en tout cas j'aurais aussi adoré voir les robes, ça donne super envie!"
la lorgnette: Faust
J’ai eu cette semaine l’occasion de vivre une expérience intéressante : j’ai regardé la diffusion du Faust de Gounod en direct de l’Opéra Bastille, diffusion sur FR3 , et quelques jours plus tard j’ai été le voir à l’Opéra.
Ce qui est amusant c’est que la télévision nous propose pratiquement tout le temps des gros plans et Bastille étant un immense vaisseau, j’avais dans la salle une vision et une écoute globale.
Le live reste inégalable, mais l’idéal c’est de voir les deux…
Car les gros plans permettent une belle lisibilité du jeu d’acteur, beaucoup de finesse et de délicatesse pour les uns beaucoup de stéréotypes pour les autres, et tout ça est estompé en salle surtout dans une salle comme celle de Bastille.
La mise en scène comportait passagèrement à l’écran quelques vulgarités, celles-ci deviennent très anecdotiques dans la salle et la globalité mise en scène/décors/lumières est très esthétique.
J’avais beaucoup aimé Roberto Alagna (Faust), Paul Gay (Méphisto) et Tassis Christoyannis (Valentin) et j’étais disons plus réservée sur le reste de la distribution.
Eh bien la bonne surprise c’est qu’en salle j’ai aimé les mêmes et j’ai été plus sensible à la voix d’Inva Mula (Marguerite) au registre aigu remarquable qui devient saisissant en live, et dont le jeu stéréotypé qui passait mal l’écran est très amélioré par la distance.
La qualité de voix et de phrasé est très bonne, malgré une diction très approximative et peut-être aussi un manque d’émotion.
Je reste réservée sur le rôle de Siebel , Angélique Noldus, car bien que la voix soit belle, le parti-pris de faire chanter ce rôle par un soprano banalise beaucoup le fameux air qui ouvre le 2nd acte « faites-lui mes aveux », qui manque vraiment de rondeur.
Ce que je n’ai pas aimé :la mise en scène du départ où le vieux Faust est joué par un comédien. Alagna qui chante en off est désservi par cette disposition (en réalité il est sur scène caché dans un caisson, mais la présence de la voix n’est pas la même !) et de ce fait le personnage de Faust met un peu de temps à prendre son ampleur, alors que c’est vraiment le répertoire d’Alagna, c’est magnifiquement chanté, très finement interprété, et je dois dire que la vision télé m’a beaucoup réjouie en ce qui le concerne car j’ai trouvé sa palette d’expressions scéniques très fine, très subtile, avec entre autres des regards d’une intensité assez rare.
En revanche HARO sur le chef, Garrett Keast qui ne tient pas l’orchestre, se laisse déborder par son ampleur qui couvre par moment les voix ce qui est vraiment inacceptable, et qui occasionne quelques décalages regrettables avec le chœur pourtant excellent.
Je terminerai par quelques remarques de spectateurs, qui font frémir ….
« Alagna c’est moyen… », « le spectacle manque de pep »... si ça c’est moyen, au secours! ou bien serait-ce encore une fois l’expression du snobisme parisien, aïe aïe aïe ! en tout cas l’ensemble de la salle a ovationné cette production, ouf ça rassure !
Et pour finir je me livre à une pensée réjouissante : ma meilleure amie est directrice médicale d’un gros labo cosmétique, j’ai donc eu l’occasion de côtoyer un monde particulier de gens de tous âges obsédés par leur apparence et par les marques du temps (c’est dire si le thème de la jeunesse éternelle est moderne !), il faudrait les envoyer écouter Faust, ça calme bien des fantasmes….
Faust de Gounod
Diffusion en direct sur FR3 le 10 octobre 2011
Commentaire sur la représentation du 13 octobre 2011 à l’Opéra Bastille
Distribution :
Roberto Alagna Faust
Paul Gay Méphistophélès
Inva Mula Marguerite
Tassis Christoyannis Valentin
Angélique Noldus Siebel
Marie-Ange Todorovitch Dame Marthe
Alexandre Duhamel Wagner
Garrett Keast Direction musicale
Jean-Louis Martinoty Mise en scène
Johan Engels Décors
Yan Tax Costumes
Fabrice Kebbour Lumières
Patrick Marie Aubert Chef de Choeur
1 commentaire sur cette lorgnette: "ça y est j'ai pris le temps de lire votre billet d'humeur sur Faust à la Bastille...et je le trouve excellent. La fin qui met en perspective le thème de Faust avec les préoccupations actuelles de jeunesse physique éternelle est vraiment très bonne et très caustique( et le snobisme des parisiens au théatre et à l'Opéra oh la la! je suis d'accord c'est chiant). Je suis ravie! Et je regrette de n'avoir ni la retransmission ni le live...." ( Karen M. - Montreuil - 20 octobre 2011)
la lorgnette: Broadway
Un musical à Broadway, c’est mythique, à juste titre.
Pourquoi ? Dans le genre comédie musicale il n’y a pas en France d’équivalence de qualité artistique.
Ce genre, multidisciplinaire, nécessite de très bons chanteurs, en même temps très bons danseurs et je dirais des « performeurs ».
Je conseille ces deux spectacles, à l’affiche depuis de longues années, qui illustrent des aspects différents du genre « musical » :
- The PHANTOM of the OPERA
D’après le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux.
Music by Andrew Lloyd Webber, lyrics by Charles Hart.
C’est le musical qu’on pourrait qualifier de lyrique. Les mélodies sont incontestablement jolies et prégnantes, les écritures vocales réellement sophistiquées impliquent un grand savoir faire technique.
Ce qui m’enchante : le perfectionnisme du spectacle, c’est à dire que les voix sont belles, les chanteurs jouent et dansent avec engagement, les décors, les lumières sont époustouflants, il n’y a pas un accroc, pas de temps mort, c’est bien évidemment hyper rodé mais chacun y va à fond, c’est un show, ça marche, et ça marche pendant 2h30 !
Les voix : les écritures féminines sont à la fois très aigues et très graves (dans un même rôle), ce qui signifie que les voix doivent être légères (voire coloratures) et poitriner les graves, c’est une gymnastique vocale particulièrement fatigante, donc souvent les médiums sont un peu abîmés, et très métallisés pour tenir.
Dans ce genre vocal c’est quelque chose qui ne me gêne pas. Du fait des écritures il n’y a pas vraiment moyen de faire autrement bien que tout le monde soit sonorisé, c’est un style.
Le rôle de Christine par exemple comprend des aigus de colorature (contre-mi je crois) ainsi qu’un long air d’une tessiture d’alto.
Tous les artistes étaient de très grande qualité, je cite le chanteur qui interprétait le Phantom : Hugh Panaro, baryton vraiment exceptionnel.
Orchestre dirigé par Harold Prince.
Majestic Theatre,
28 juillet 2011.
- CHICAGO
Musical toujours mais dans le genre jazz.
Music by J.Kander, lyrics by F.Ebb et les fameuses chorégraphies de Bob Fosse ( dans cette version c’était : choregraphy by Ann Reinking in the style of Bob Fosse ).
Les chorégraphies, on m’en avait parlé, mais je n’imaginais pas que c’était aussi génial, les voix, c’est un choc tellement c’est beau, la difficulté physique du chant à la danse pour les premiers rôles est totalement maitrisée, je revois la chanteuse qui tient le rôle de Velma sortir d’un numéro de danse très intense à peine essoufflée, et enchaîner sans souci avec un numéro de chant: ce sont des artistes très complets.
L’orchestre est sur scène et participe à l’ambiance décor en demi-teinte, très suggestive.
J’ai entendu dans Velma, Nikka Graff Lanzarone, superbe femme brune longiligne à la voix large et grave : magnifique, et dans Roxie, Charlotte d’Amboise, délicieuse petite femme blonde toute en expressions délicates (c’est une gageure avec un tel rôle), mutine, et totalement craquante.
Orchestre dirigé par Leslie Stifelman.
Ambassador Theatre,
4 août 2011.
la lorgnette: portrait de parisienne
Article publié sur le blog de la Boutique les Oiseaux (24, rue Oberkampf, Paris 11):
blog.boutiquelesoiseaux.com
MERCREDI 20 JUILLET 2011
la lorgnette: mes livres de l'été 2011
Dior-1947
Voici une petite sélection de livres qui m’ont fait passer des moments doux et/ou passionnants :
- Jeanne, de Jacqueline de Romilly
Une atmosphère un peu surannée, pleine de grâce, un vrai éloge de l’élégance : élégance de comportement, élégance de présentation, élégance d’âme.
Un très joli moment de douceur.
(éditions de Fallois)
- L’appel de l’ange, de Guillaume Musso
Une vraie découverte cet univers Musso, une intrigue passionnante, difficile de lâcher, on a l’impression de commencer un roman-comédie drôlement bien ficelé, puis on est plongé dans un thriller, mais un thriller « romantique » :addictif…
Ça donne envie d’en lire d’autres au plus vite !
(éditions XO)
- American Lady, de Caroline de Margerie
Un destin hors du commun que celui de Susan Mary Alsop, qui a côtoyé, entre autres, le clan Kennedy, témoignage d’une époque, mais témoignage d’une aristocrate mondaine qui de par sa position a une vue globale des évènements politiques. Et puis j’adore ses commentaires sur Dior et le « New Look ». Dior lui a d’ailleurs souvent prêté des robes, lui en a parfois offert « tant elle les portait bien », c’est peu dire que ça me fait rêver, quel chic !
(éditions R.Laffont)
- le polar : La maison d’à côté, de Lisa Gardner
Alors là, du suspens, des personnages de plus en plus angoissants, des secrets qui font peur, et ouf, heureusement , une fin qui soulage et remet le cœur en place !!!
du bon polar…
(éditions Albin Michel)
Dior-1951
Le 18 juillet 2011
la lorgnette: enchantement
Marie Dubas
Le spectacle : « Marie Dubas de Haut en Bas » par la très talentueuse Edwige Bourdy était un enchantement.
Une artiste aux multiples facettes, qui joue avec sa voix, avec son corps, incroyablement expressive dans ce répertoire cabaret, incroyablement drôle et intelligente dans tous les domaines….
Je pense que ce qui m’a le plus « enchanté » c’est le souci invraisemblable du détail : pas un geste qui ne soit intégré à l’expression, et dieu sait si les chorégraphies sont inventives, pas une expression qui ne soit cohérente, le décor dépouillé et gracieux, les lumières, délicates, subtiles, comme un écrin pour l’artiste, une mise en scène ciselée, par moment explosive, par moment dépouillée, je n’ai pas vu le temps passer. J’ai beaucoup ri, j’ai été charmée de bout en bout .
Ce spectacle se donnait du 22 au 26 juin 2011 au 20ème Théâtre, à Paris, rue des Plâtrières, avec :
Edwige Bourdy
au piano Christophe Maynard, mise en scène et lumière Vincent Vittoz, chorégraphies Anne-Marie Gros.
Je cite :
« Marie Dubas était pour Colette cette femme belle comme un tison qui compose une chanson avec une lucidité de peintre ardent et patient….. Du tango stupéfiant à c’est toujours ça d’pris, de j’suis bête au vieux phonographe, chaque interprétation est une petite horlogerie d’une virtuosité éblouissante donnant vie à toute une galerie de personnages loufoques, pathétiques, poétiques ou désopilants »
Si ce spectacle revient à l’affiche, précipitez-vous !

Le 26 juin 2011