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la lorgnette: si on sortait au théâtre ?

26 Janvier 2010 , Rédigé par evacor Publié dans #La lorgnette d'Evelyne

imagesGraphiste affiche: Terence Jones           Photos: Gaspard Leclerc

Quand j’étais adolescente j’ai demandé à être abonnée à la revue avant-scène théâtre. Je recevais donc ma revue comportant le texte intégral d’une nouvelle pièce de théâtre,  je crois tous les 15 jours. L’arrivée de cette revue était pour moi un moment d’enthousiasme très personnel. Je savais que j’allais trouver un  endroit pour m’isoler quelques heures (j’avais la chance de vivre dans une maison où je pouvais trouver de vraies cachettes !) et savourer seule cette nouvelle lecture. Je pense que ce qui me plaisait le plus dans la lecture d’une pièce c’était la facilité avec laquelle je pouvais créer des images, des décors, une scénographie dans mon imaginaire et vivre longuement avec les personnages qui prenaient pied dans ma vie réelle. Même si la lecture était mon passe temps favori le théâtre était plus vivant pour moi qu’un livre. J’ai lu toutes sortes de choses, qui m’ont fait rire, qui m’ont émue, d’autres que je n’ai pas très bien comprises, mais mon enthousiasme était constant. Pour des raisons de place je me suis séparée de ces piles de pièces, je le regrette encore, tant elles ont nourri ma curiosité et mon besoin d’évasion pendant de nombreuses années.

Vu cette semaine, deux pièces à l’affiche depuis pas mal de temps :

- Les liaisons dangereuses, d’après Choderlos de Laclos   au théâtre de l'Atelier/Charles Dullin - Paris

Adaptation pour le théâtre : Christopher Hampton - Adaptation française : Fanette Barraya

Pourquoi cette pièce ?

pour la mise en scène de John Malkovich: 

 exceptionnel !

John Malkovich : il est tout à fait inoubliable dans le rôle de Valmont du célèbre film de Stephen Frears, mais c’est avant tout un grand homme de théâtre. J’ai adoré sa mise en scène : les acteurs sont en permanence en scène. Soit ils sont dans l’action, soit ils contemplent l’action. En contemplant ils échangent des regards qui commentent, ou jouent une situation parallèle, et offrent ainsi de nombreuses actions périphériques: ce qui donne une présence, une diversité et aussi un humour formidable au spectacle. En conséquence, les scènes très dénudées deviennent drôles au lieu de nous plonger dans un voyeurisme de mauvais goût. Les costumes très originaux, mêlant jean et costume de style présentent eux aussi deux visages : le costume fini et le costume inachevé, et apportent dans un premier temps une vision décadente de cet univers, dans un deuxième temps une vision beaucoup plus humoristique. La mise en scène fait fortement ressortir la drôlerie de cet univers pervers, enlève son côté grinçant ou moraliste, c’est épatant, ce n’est pas du tout le parti-pris de Frears: cette vision m’a beaucoup plu. Le casting de comédiens est en tout point réussi. Peu connus pour la plupart, il s’en dégage, je pense aussi grâce à la mise en scène, une forte cohésion de troupe, c’est très palpable et agréable. Je cite Yannick Landrein dans le rôle du Vicomte de Valmont et Julie Moulier dans celui de la Marquise de Merteuil, tous les deux d’une présence saisissante. J’espère au plus vite les revoir sur scène !

Avec: Sophie Barjac: Madame de Rosemonde / Rosa Bursztejn: Cécile de Volanges / Jina Djemba: Madame de Tourvel / Lazare Herson-Macarel: Azolan / Mabô Kouyaté: Chevalier Danceny / Yannick Landrein: Vicomte de Valmont / Pauline Moulène: Madame de Volanges / Julie Moulier: Marquise de Merteuil / Lola Naymark: Emilie

Décor: Pierre-François Limbosch / Costumes: Mina Ly / Lumières: Christophe Grelié / Musique: Nicolas Errèra / Maître d'armes: François Rostain

Théâtre de l'Atelier, mardi 15 mai 2012

 

- Vous avez quel âge ? de Françoise Dorin au théâtre de Paris, rue Blanche

Avec: Jean Piat

La catastrophe: une heure et demi de salmigondis de lieux communs et de vulgarité. Quelques heureuses citations par-ci par-là,  mais  le texte n'a aucune consistance et le comédien non plus. C'est long et je me suis ennuyée du début à la fin: du verbiage de comédien qui s'écoute parler,  mortel! En plus la voix est sonorisée ce qui modifie considérablement l'impact et la mise en scène (Stéphane Hillel) est inexistante. Le texte fait sans cesse allusion à la légèreté, mais la légèreté ça fonctionne s'il y a de la matière, sans matière c'est du vent.
Un spectacle à fuir à toutes jambes....

Théâtre de Paris, jeudi 17 mai 2012 

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