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la lorgnette d'Evelyne: Renoir

23 Août 2016 , Rédigé par evacor Publié dans #La lorgnette d'Evelyne

la lorgnette d'Evelyne: Renoir

J'aime visiter des peintures comme j’aime lire, écouter ou faire de la musique. Plus encore, j'ai un plaisir intense à relire un livre que j'ai adoré, écouter Bach et Mozart à l'infini ou revoir des peintures qui m’ont touchée ou questionnée.

Depuis que je passe mes étés sur la Côte Est des États-Unis, j'ai régulièrement l'occasion d'arpenter les musées de New York, Philadelphie, Washington, et à ma surprise, car franchement ce n’était pas ma tasse de thé ( je suis très fan de l’art du XVIIIème siècle ), je me suis mise à apprécier, puis à aimer vraiment un peintre qui jusque-là me laissait un peu indifférente : Pierre-Auguste Renoir.

Des Renoir il y en a partout (j'ai encore dans l'oeil ceux que j'ai vu récemment à l'Hermitage). Aux Etats-Unis on en trouve au Met bien-sûr, à la collection Frick (au pied de l'escalier qui monte à l'orgue), à la collection Philipps un lumineux déjeuner des canotiers, au PMA... mais à Philly c'est à tomber par terre: pas moins de 181 oeuvres figurent à la collection Barnes. 

Je ne suis pas une intellectuelle de l'art et même si j'ai fait des études d'histoire de l’art et d’histoire de la musique, je suis plus intéressée par les œuvres que par leurs auteurs. Ce que j'adore ici avec Renoir c'est l'énormité de la collection, car cette énormité me permet de plonger émotionnellement dans son œuvre, de voir se dégager des touches différentes, des regards différents sur les sujets, des lumières différentes, et comme en musique je me sens emportée par une énorme symphonie qui chemine, atteint des climax, disparaît, revient, et je suis subjuguée.

 

la lorgnette d'Evelyne: Renoirla lorgnette d'Evelyne: Renoirla lorgnette d'Evelyne: Renoir

La collection Barnes est littéralement incroyable. J'avais vu une partie des oeuvres en 1993 lors de l’unique exposition itinérante, de passage au musée d’Orsay.

En 1992, la Fondation décide de prêter exceptionnellement 83 tableaux impressionnistes pour des expositions temporaires afin de lever des fonds pour régler les problèmes de trésorerie. De 1993 à 1995 l'exposition va circuler avec succès de Washington à Tokyo, Paris et Toronto.

Cette exposition m'avait éblouie et je m'étais promis à moi-même de voir un jour l'intégralité de la collection, qui est devenue accessible après le très controversé déménagement du musée dans le centre de Philadelphie en 2012.

Celui-ci étant cantonné auparavant dans un vaste domaine de la banlieue résidentielle de Philadelphie, ses trésors sont restés longtemps ignorés du grand public. Albert Barnes avait de plus stipulé qu'aucune reproduction en couleur des tableaux ne serait autorisée, qu'il serait interdit de les prêter, de les vendre, d'organiser une exposition ou de modifier son accrochage anticonformiste des oeuvres: sans mention du peintre, sans titre, organisé ni par ordre chronologique ni par artiste, mais agencé en ensembles visant à rapprocher l'art de la vie...

Je commence à chaque fois par m'énerver sur cet accrochage complètement disparate: c'est tellement fatigant visuellement de voir juxtaposés des auteurs, des styles différents, sans un concept artistique pertinent qui le justifie (je ne vois pas du tout en quoi cette cacophonie rapproche l'art de la vie), mais passé cet énervement je me concentre sur un peintre - cette année Renoir - et c'est un éblouissement.

Où trouver ces magnifiques Renoir:

-New York : Metropolitan Museum, Frick Collection 

-Philadelphie : Fondation Barnes, Philadelphia Museum of Arts (PMA)

-Washington : Philipps Collection, National Gallery of Art (A Washington les musées de la Smithsonian Institution sont gratuits, NGA est affiliée, mais pas la Philipps).

 

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Je me suis mise à aimer Renoir, mais grâce à ces visites répétées et chaque fois enthousiasmantes j'ai aussi découvert de formidables peintres américains que je connaissais fort peu, voire pas du tout : Glackens, Prendergast, Chase, Whistler, Mary Cassat, Isabel Bishop..

Au plus près du bonheur: n'est-ce pas délicieux de courir maintes fois retrouver des peintures aimées, de les savourer chaque année avec encore plus de délectation, d'en découvrir d'autres, de se mettre à les aimer ?

 

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